Ressources marines

L’accès aux ressources marines est un enjeu économique et un défi technologique majeur. L’océan est un réservoir de richesses stratégiques, car essentielles tant aux industries qu’à notre mode de vie et de consommation. L’augmentation de 30 % des besoins énergétiques d’ici 2030 et les promesses attendues des ressources marines minérales et biologiques expliquent la course entre États pour la prospection dans les fonds marins de la Haute Mer et les nombreux conflits pour l’appropriation d’espaces maritimes. L’accès aux ressources de l’offshore profond et ultra profond suscitent de l’innovation et créent des marchés sur lesquels se positionnent de nombreuses entreprises françaises. 

En effet, la France compte des leaders mondiaux dans ce domaine, CGG pour la prospection en particulier sismique, Technip et Saipem pour la conception de plateformes, unités flottantes, équipements sous-marin et travaux marins, la Comex pour la robotique profonde, BOURBON pour les services offshore, l’Ifremer pour la recherche, et des opérateurs - également affréteurs - Total et ENGIE ainsi qu’ERAMET pour l'extraction des minerais. Les start up, PME, ETI, clusters locaux – Neopolia, BPN – et les Pôles Mer, développent eux aussi des solutions technologiques et des compétences essentielles à l’exploitation de toutes les ressources marines. 

À ces acteurs il faut ajouter d’autres professionnels du maritime, notamment de la construction navale, STX et DCNS, et du shipping avec Louis Dreyfus Armateurs. Tous ensemble ils constituent une véritable filière d’excellence de l’industrie offshore. 

La France a donc tous les moyens pour mettre en oeuvre une stratégie pour les grands fonds et l’exploitation durable des ressources marines. 

Ressources minérales marines 

Les progrès technologiques et scientifiques ont lancé la course à l’exploration des grands fonds marins pour en exploiter les ressources minérales, à savoir les nodules, les encroûtements et les sulfures. On y trouve comme éléments majeurs : baryum, cobalt, cuivre, fer, manganèse, nickel, plomb, silice, zinc, ainsi que des métaux précieux, des diamants et les fameuses terres rares. 

La présence de métaux-clés pour l’industrie (notamment l’aéronautique, l’automobile, les technologies à très forte valeur ajoutée…) est d’autant plus intéressante à l’heure où les réserves et gisements terrestres atteignent un niveau critique tandis que les technologies demandent de plus en plus de ces ressources. Les possibilités d'exploitation de ces ressources sont très inégales, car leur coût – accès, technologies d’exploitation, transformation, etc. – ne permet pas encore de créer un schéma économique rentable. 

Au total, 19 permis d’exploration minière ont été accordés par l’Autorité Internationale des Fonds Marins (AIFM), sur 6.000 km de dorsales océaniques, soit 7,5 % des dorsales océaniques. Ces permis sont soumis à un premier droit d'entrée de 500.000$, auquel il faudra ajouter chaque année une redevance de 50.000$. 

La France, quant à elle, mène des explorations dans sa ZEE à Wallis & Futuna, et attend les mesures réglementaires qui permettront l’exploitation des ressources. Elle a par ailleurs obtenu pour les eaux internationales, deux permis d’exploration : un premier en 2001 et jusqu’en 2016 pour les nodules polymétalliques sur 75.000 km² dans la zone Clarion-Clipperton (dont le renouvellement est à l’étude) ; un second en août 2012 pour les sulfures polymétalliques le long de la dorsale médio-atlantique. 

À tous les niveaux, la protection de l'environnement est une préoccupation majeure des acteurs professionnels français. 


Eramet

ERAMET est un groupe minier et métallurgique français, un des leaders mondiaux dans ses métiers, notamment les métaux d’alliages et la métallurgie haut de gamme. ERAMET est également engagé sur d’importants projets autour de métaux stratégiques. Son déploiement s’accompagne d’une politique de développement responsable et durable. 

Grâce à ses technologies innovantes, ERAMET maîtrise toutes les étapes de la valorisation des métaux. 

Aciers inoxydables, énergie, automobile, aéronautique civile et militaire, transport, outillage… L’éventail des marchés du Groupe est très varié et ses clients ont en commun un grand niveau d’exigence. 

Chiffre d’affaires : 3.162 millions d’euros 

14.000 collaborateurs dans 20 pays et sur 63 implantations. 

www.eramet.com 


Dans une famille proche des ressources minérales, on retrouve les sédiments meubles des fonds marins et les matériaux siliceux et calcaires. Les sables et graviers siliceux servent essentiellement à l’industrie du BTP, avec des entreprises comme Lafarge ou Ciments Calcia. En France la part marine des granulats ne représente que 1 %, tandis que dans d’autres pays la proportion est nettement plus importante (15 % en Grande-Bretagne). 

L’accélération de l’urbanisation, les nouvelles routes comme les nouvelles voies ferrées, et leur rénovation, rendent cependant les granulats marins de plus en plus stratégiques. En effet, il faut 30.000 T de granulats pour 1 km d’autoroute, 10.000 T pour 1 km de voie ferrée, 300 T pour une maison. Des besoins qui amèneront sans doute à extraire les ressources au-delà des 30-45 m actuels, forment un enjeu technologique et environnemental exigeant un savoir-faire que peu d’acteurs possèdent. L’UNPG les rassemble, parmi lesquels la Compagnie Armoricaine de Navigation


UNPG - Union Nationale des producteurs de Granulats

L’Union Nationale des producteurs de Granulats (UNPG) rassemble les entreprises productrices de sables et graviers. Sur une consommation annuelle de 360 millions de tonnes de granulats (2012), 7 millions sont des granulats siliceux et calcaires d’origine marine. 

Une douzaine d’entreprises extraient des granulats marins au moyen d’une quinzaine de navires sabliers qui approvisionnent une vingtaine de ports français. L’activité emploie 650 personnes tant en mer qu’à terre (terminaux sabliers). Elle génère un chiffre d’affaires de l’ordre de 70 millions d’euros. 

La mission de l’UNPG est de défendre les intérêts collectifs de ses adhérents. Son rôle consiste également à les assister et les informer dans les domaines aussi variés que l’accès à la ressource minérale, la législation, la protection de l’environnement, la qualité des produits, la conjoncture économique, etc. 

www.unpg.fr 


Ressources biologiques et biotechnologies


Valoriser les bioressources marines

Valoriser les bioressources marines 

Les bioressources marines désignent les produits, coproduits et sous-produits de la pêche et de l’aquaculture multitrophique, les organismes marins, les champignons et les halophytes. 

Leur valorisation, de la production à la transformation, a de multiples applications : nutritions humaine et animale, agriculture, santé, cosmétique, chimie, etc., des industries en pleine croissance. La valorisation suscite de nombreuses innovations et collaborations et l’émergence d'opportunités nouvelles. 

Si les bioressources marines représentent aujourd’hui une faible part de notre économie maritime, les marchés qui y sont liés sont appelés à se développer dans les prochaines décennies, face aux défis du XXIe siècle. La coordination des acteurs, producteurs et utilisateurs des bioressources, est une condition essentielle pour répondre aux besoins de ces marchés et que la filière reste compétitive sur toute la chaîne de valeur. 

Les biotechnologies 

Les biotechnologies sont un mode de valorisation spécifique. Elles dépendent tant de la connaissance que de la disponibilité de la ressource première, qu’il s’agisse de coproduits de la pêche, d’algues, ou d’autres organismes végétaux ou animaux. Les promesses des biotechnologies conduisent les entreprises - start up et PME comme les grands groupes - à investir pour mieux connaître le potentiel économique des ressources. 

En effet, le marché mondial des biotechnologies attendra 320 Mrds$ en 2015 et représente déjà un CA consolidé de 261 M€ en France. 

Les biotechnologies ont de multiples applications industrielles. Il est aujourd'hui difficile d’identifier la par t des ressources marines dans ces biotechnologies, car les entreprises sont associées au marché dans lequel les biotechnologies trouvent leurs applications. Les estimations et calculs tendent à considérer que les biotechnologies marines représentent un marché estimé à 4,1 Mrds$ en 2015. 

Algoculture 

Les ressources biologiques marines ont une part grandissante dans les biotechnologies, notamment les algues, principale ressource marine exploitée massivement pour les biotechnologies et qui est de plus en plus utilisée dans la nutrition humaine. Même si l’algoculture est un secteur récent en France et en Europe, il est déjà en pleine croissance. Ce sont près de 80 entreprises qui génèrent une valeur de production de 426 M€. La France produit 60.000 T d’algues et en importe 55.000 T, dont 80 % pour les colloïdes et 20 % pour la chimie fine. Plusieurs projets structurants visent à développer cette filière, avec pour objectif d’atteindre 1.000 hectares pour la culture d’algues en 2015. 

Avec de nombreuses entreprises innovantes, comme Aleor, des acteurs à la pointe dans la recherche avec le CEVA, l’Ifremer, et les porteurs de projet que sont les Pôles Mer, le Pôle Aquimer et d’autres clusters spécialisés, la France a les moyens d’être leader sur les marchés des biotechnologies marines. 

Cet enjeu scientifique et économique doit aboutir au plus vite à une véritable stratégie pour la structuration et le soutien à une filière maritime des biotechnologies. 


Aleor

Aléor est une entreprise industrielle spécialisée dans le développement de produits et de savoir faire dans les algues marines. Grâce à de nouvelles méthodes de culture et de séchage, Aléor propose la fourniture d’une matière première constante, calibrée et de qualité. Ses technologies permettent une traçabilité à toutes les étapes de sa production. 

Grâce à un travail à la pointe de la recherche et du développement dans la maitrise des algues, de leur reproduction et de leur croissance, Aléor permet, par ses prestations de services, de rendre possible des développements industriels utilisant les algues, matière première en tension qui offre de grandes promesses en termes de création de valeur. 

www.aleor.eu 


Centre d'Etude et de Valorisation des Algues

www.ceva.fr 

Le CEVA (Centre d’Étude et de Valorisation des Algues), basé à Pleubian dans les Côtes d’Armor, est un organisme de recherche privé et un centre technique du réseau ACTIA, labellisé Institut Technique Agro-Industriel (ITAI) par le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche. 

Situé dans la première région européenne productrice d’algues, et en bordure d’un important champ d’algues sur un territoire propice à leur culture, le CEVA est le seul centre technique en Europe dédié à l’étude et à la valorisation des végétaux marins. 

Créé en 1982 avec le soutien des collectivités locales bretonnes et d’industriels de la filière algues, il met en oeuvre une recherche appliquée sur les algues (macro & micro), les végétaux marins, et les biotechnologies marines. Il assure en particulier le transfert des connaissances scientifiques issues du monde académique vers le domaine industriel. 

Le CEVA compte 25 personnels permanents. Parmi ceux-ci, 18 sont diplômés de l’enseignement supérieur (techniciens, ingénieurs, docteurs ès sciences). 

Il dispose d’un outil per formant adapté à l’identification, à la production, à la caractérisation et à la transformation des végétaux marins : 

  • des laboratoires (1.300 m.), 
  • un hall technologique (1.000 m.) pour le développement de préséries industrielles, 
  • des moyens d’intervention sur le terrain (télédétection, cartographie), 
  • une plate-forme à terre de culture de macro et microalgues, 
  • une ferme marine. 

Outre la réalisation de prestations d’assistance technique ou de R&D à façon pour les industriels, le CEVA participe à des projets de recherche et d’innovation de type collaboratif public au niveau national, européen et mondial. 

Les différents projets du CEVA sont souvent labellisés auprès des Pôles de Compétitivité suivants : Mer Bretagne, Valorial, Trimatec, Fibres, I.A.R, Vegepolys et Axelera.