Outre-mer et international

C’est grâce aux DOM-COM que la France possède aujourd’hui le deuxième espace maritime du monde : l’Outre-mer donne à la France 97 % des 11 millions de kilomètres carrés de sa ZEE (Zone Économique Exclusive), incluant 55.000 km² de récifs coralliens et lagons, soit environ 10 % de la superficie mondiale, et lui assure une présence tout autour de la planète. Quel autre pays peut aujourd’hui se targuer d’être un ”empire sur lequel le soleil ne se couche jamais” ? 

En 2009 a eu lieu le premier CIOM, Conseil Interministériel de l’Outre-mer (depuis, ce CIOM n’a pas été réitéré). Nombre de mesures édictées touchent la mer, prolongement naturel et ressource essentielle pour les DOM-COM, particulièrement à même de développer les activités économiques maritimes déjà existantes, et de s’inscrire dans une démarche ”tournée vers le large” selon le souhait du Ministère des Outre-mer. 

La Mer présente ainsi de réelles opportunités pour l’Outre-mer : 

  • ressources alimentaires (ressources halieutiques), 
  • ressources biologiques (pharmacie, santé, ...), 
  • ressources commerciales (relais des routes maritimes et pôle de distribution), 
  • ressources énergétiques (pôle de développement des EMR), 
  • ressources touristiques. 

Les attentes ultramarines méritent d’être examinées avec attention : les règles générales dans le fonctionnement de l’Union Européenne doivent être adaptées aux cas spécifiques que sont les territoires d'Outre-mer, et ses décisions politiques ayant un impact sur la vie économique doivent être, au minimum, relayées aux acteurs du terrain.

En ce sens, le Cluster Maritime Français croit au développement maritime des Outre-mer, et à son échelle, a initié, avec les acteurs locaux, la création de “structures correspondantes” qui comptent “peser” dans leur économie et politique locales. 

Les premiers clusters ont ainsi été créés officiellement en Guadeloupe (mai 2011), à La Réunion (septembre 2011), et ont été suivis par la Guyane (mai 2012), et la Martinique (juin 2013), et enfin la Polynésie Française (juin 2014) et la Nouvelle-Calédonie (août 2014). Ils sont désormais à l’oeuvre pour rassembler les acteurs maritimes locaux, porter leurs projets et développer le secteur maritime en Outre-mer.

 


À l'international

L'Asie, moteur de la croissance mondiale, est l'espace où se joue la reprise de la croissance économique dans les années à venir (cf. Rapport d’information du Sénat du 14 juillet 2014). 

L’Asie sera en 2030 le premier foyer de création de richesses, d’innovation scientifique et technique et représentera plus du tiers du Produit Intérieur Brut mondial. 

L’Asie est le premier partenaire commercial de l’Europe et la France y a des intérêts stratégiques en tant que puissance riveraine des océans Indien et Pacifique. 

Avec un trafic de plus de 50.000 navires par an, on estime que 40 à 50 % du commerce mondial passe par le Détroit de Malacca. 

Singapour une place maritime incontournable 

Naturellement, par son emplacement stratégique sur la route Europe-Asie, son histoire, sa stabilité économique et politique, ce micro territoire insulaire a fait du transport et des industries maritimes un secteur clé de son développement. 

Ce statut s'explique aussi par la performance de son port, devenu majeur pour les échanges conteneurisés, 2e au niveau mondial (31,6 Millions d'EVP en 2012) et pour le raffinage et la pétrochimie et bientôt le gaz. Le secteur du marché de la croisière est, lui aussi en plein développement. 

Plus de 5.000 entreprises oeuvrent dans le secteur maritime à Singapour, générant plus de 100.000 emplois et 7 % du PIB (chiffre d’affaires de 16 Mrds US$). 

Cela passe aussi par l'affirmation de ses multiples acteurs portuaires, maritimes, navals (spécialisés dans la réparation et conversion de navires pour l'exploration et la production pétrolière), et en ingénierie offshore ; par sa place financière et ses services (banque, assurance, courtage) ; et aussi par ses nombreuses entreprises étrangères implantées, dont notamment celles du transport et des industries maritimes. 

Le Comité du Cluster à Singapour 

En juin 2014, le Cluster a créé le “French Maritime Cluster Committee” (FMCCS) en association avec la Chambre de Commerce Française de Singapour (FCCS) afin de renforcer les entreprises des secteurs maritimes français ou plus simplement de soutenir l’économie maritime française en Asie du Sud-Est. 

Le FMCCS est un lieu de réflexion, d'échanges, de networking, de lobbying et un outil de promotion de ces entreprises, avec une vue transverse, travaillant sous forme de club d'affaires en relation avec les comités plus sectoriels de la FCCS. Depuis un an, le FMCCS a été très actif et a organisé de multiples visites de sites, des rendez-vous de business et de networking, des rencontres avec des responsables de projets et avec des institutions maritimes et portuaires singapouriennes. 

Dans le cadre d'une cartographie des industries maritimes françaises en Asie réalisée en 2015 par un groupe d'étudiants de l'ESSEC Singapour pour le FMCCS, plus de 80 entreprises françaises ont été recensées en ASEAN, dont plus de 50 implantées à Singapour. Cette étude a permis aussi d'analyser 5 secteurs porteurs en ASEAN : 

  • les chantiers navals, contractants et fournisseurs de systèmes de solutions, 
  • l'ingénierie offshore, fournisseurs de systèmes et solutions, énergies marines renouvelables, 
  • le transport et la logistique, 
  • les industries de défense, fournisseurs de technologies de surveillance et systèmes de défense, 
  • les services périphériques ( IT et télécommunications, banquiers, courtiers, assureurs, certification). 

A partir de ces analyses, la prochaine étape du FMCCS, en 2015-2016, sera, en s'appuyant sur les puissantes associations locales de l'industrie du maritime : 

  • l'étude de la stratégie singapourienne dans le maritime, ses évolutions ; 
  • l'étude des grands partenariats du maritime de la Cité-État dans le monde ; 
  • l'analyse et la vision stratégique Singapourienne de cette industrie pour le moyen terme. 

C'est au travers de ces connaissances que le FMCCS devrait être en mesure de promouvoir au mieux l'offre française maritime produit/services/ capacité en Asie du Sud-Est.